La vie de l'ESA

Article dans Articles sur le monde de l’entreprise

Le modèle « low cost », un pas vers plus de liberté ou un retour au servage ?

L’arrivée, dans les années 2000, de compagnies aériennes proposant des billets d’avion très bon marché comparativement à ceux proposés par les sociétés de transport aérien traditionnelles a donné lieu à l’émergence d’un nouveau modèle d’entreprise. Tirant son nom des prestations à bas prix (« low cost », en anglais) proposées aux consommateurs, ce modèle s’est effectivement très rapidement fait qualifier de « low cost ».

L’écart de prix drastique qui a pu être constaté entre les prestations fournies par ces entreprises du XXIème siècle et celles délivrées par leurs concurrentes, n’a été possible qu’au prix, sinon d’une refonte complète, du moins d’une remise en question en profondeur des business models classiques des sociétés. Cette « remise à plat » drastique des schémas traditionnels est allée de pair, dans le secteur du transport aérien, avec une « chasse au coût », dont les principales « victimes » ont été tout d’abord le personnel volant, et plus particulièrement les pilotes (dont le niveau de salaire était d’ailleurs, surtout dans certaines compagnies, sans doute un peu surévalué…), puis tous les salariés de l’entreprise. A cela s’est ajoutée l’entrée, depuis quelques années, dans l’ère de la digitalisation, voyant l’automatisation de tâches qui, jusqu’à récemment, étaient encore exécutées par du personnel humain, qualifié ou non.

La « puissance de frappe » que ces nouvelles sociétés aériennes – la plupart d’origine anglo-saxonne, et dont les plus célèbres ont pour nom « Ryanair » ou « Easyjet » – ont acquise par ce nouveau mode de management salarial, a été absolument colossale.

En effet, par les prix ultra-attractifs qu’elles proposaient aux consommateurs (qui pouvaient voir le prix de leur billet d’avion divisé par 10 par rapport à une compagnie aérienne traditionnelle), elles ont peu à peu capté de plus en plus grandes parts de marché, avant de rebattre totalement les cartes de ce même marché, en imposant à leurs concurrents solidement implantés dans leur secteur depuis des années, voire des décennies, les règles qu’elles avaient elles-mêmes édictées. C’est ainsi que des compagnies comme Air France, où un « esprit aristocrate » a toujours régné (surtout au sein des pilotes), se voient aujourd’hui contraintes, sous peine de mort économique, de tenter de revoir drastiquement leurs méthodes de management, et donc leur culture.

Mais, parallèlement à cette volonté de proposer coûte que coûte le plus bas prix possible, sous prétexte de rendre service au consommateur (en lui permettant d’accéder à des prestations qui auparavant étaient hors de portée de sa bourse), ces entreprises « low cost » ont contribué à diminuer, numérairement (sur la fiche de paie) et donc aussi socialement, la valeur accordée au travail. Car, sous couvert à la fois de servir le client, et de s’adapter à la concurrence, ces entreprises ont peu à peu fait accepter l’idée (parfois sous la contrainte, et non sans fortes contestations) aux salariés – y compris et surtout à ceux dont le travail est à forte valeur ajoutée – qu’ils devaient accepter de voir leur travail de moins en moins rémunéré. Si, dans certains cas, la réduction des salaires pouvait être envisagée comme un retour à la norme (pour ne pas dire à la justice), dans d’autres, elle a fortement contribué à la paupérisation de larges franges de la population – dont certaines étaient fortement qualifiées – contribuant à amorcer, puis à accélérer le processus de diminution des classes moyennes.

L’entreprise « low cost » a donc été, d’une certaine manière, et d’autant plus qu’elle s’est diffusée dans la majorité des secteurs économiques, le vecteur puissant d’un modèle social faisant admettre, subrepticement et pernicieusement, l’idée que l’homme devait s’adapter, quel qu’en soit le coût, aux lois du marché. Ainsi, d’une certaine manière, l’entreprise « low cost » a été, du moins à ses débuts, et dans son mode de management, un contre-exemple de ce que devrait être une entreprise « responsable » (au sens de « répondant aux critères de la RSE »).

La méthode rigoureuse et redoutablement efficace avec laquelle ces compagnies low cost ont opéré pour casser des marchés et en capter d’énormes parts à leur profit, nous amène à nous poser deux questions.

Tout d’abord, si l’on admet l’idée que nous vivons actuellement dans un contexte de « guerre économique », ne peut-on pas imaginer que le modèle « low cost » fasse partie de l’arsenal d’armes permettant à des entreprises au service d’intérêts nationaux bien identifiés, de se lancer à la conquêtes de pans entiers de secteurs d’activités et d’économies ?

Et, d’autre part, est-il souhaitable de voir ce modèle se généraliser ? Car, le modèle « low cost » est-il pour l’Homme en général (qu’il soit consommateur ou salarié) un pas vers plus de liberté, ou bien, au contraire, un retour au servage ?

Cet article de Gilles Le Gendre, Joanna Moss et Raphaële Rabatel, publié dans Les Echos du 27 novembre 2015, en décrivant la manière dont le modèle « low cost » révolutionne le management, apporte des éléments de réponses à ces questions.

Les hackathons prisés par les assureurs

Les assureurs, comme c’est le cas aujourd’hui pour de nombreux autres acteurs du monde de l’économie, doivent en permanence veiller à ce que leur offre soit en adéquation avec l’environnement technologique, qui, comme chacun sait, évolue à l’heure actuelle extrêmement rapidement. Cette opération de veille consiste d’une part à suivre et à tester les nouveautés technologiques qui apparaissent incessamment sur le marché, et, d’autre part, à imaginer et déployer de nouveaux services pour les assurés qui utiliseront ces nouveaux outils, pour la plupart beaucoup liés à la communication.

Dans ce contexte, les acteurs du monde de l’assurance sont confrontés à un double défi : tenter tout d’abord de ne retenir que les objets connectés dont on peut supposer qu’ils retiendront l’intérêt du grand public (ou tout au moins de leur(s) cibles(s)), pour ensuite imaginer des solutions qui pourront améliorer ou bien la qualité de gestion, ou bien la relation client. La question qui se pose alors est la suivante : comment, lorsqu’arrive la phase de réalisation de l’idée, rassembler suffisamment de talents pour pouvoir déployer un projet en un temps qui doit par définition être bref (du fait de la rapidité des évolutions technologiques), et, si possible, à un moindre coût ?

L’une des réponses à cette question réside dans l’organisation de ce que l’on a appelé des « hackathons », et dont le concept provient des Etats-Unis. Comment se déroule un hackathon ? C’est ce que nous fait découvrir l’article présenté ci-dessous, écrit par Sharon Wajsbrot, et publié dans les Echos du 8 octobre 2014…

Les objets connectés dans l’assurance

L’arrivée des objets connectés sur le marché est une conséquence de l’importance croissante que les entreprises, mais aussi les organismes publics accordent au phénomène que l’on appelle le « Big Data ». Les objets connectés sont des objets d’usage courant (allant de la voiture aux lunettes, en passant bientôt par la fourchette ou la brosse à dent…) qui enregistrent et transmettent des données relatives à nos comportements lorsque nous en faisons usage. S’il sera plus que malaisé de savoir avec précision qui pourra avoir accès (et donc traiter) les données ainsi transmises par le bais de ces objets, une chose est certaine : les assureurs s’y intéressent de très près et réfléchissent aux applications qu’ils pourront tirer, d’une part de l’utilisation de ces nouveaux objets, d’autre part des nouveaux services qu’ils pourront apporter à leurs assurés.

Cet article, publié par Véronique Chocron et Laurent Thévenin dans « Les Echos » du 8 octobre 2014, cite deux assureurs (ou plutôt deux bancassureurs) qui ont misé sur l’arrivée prochaine des objets connectés sur le marché pour faire évoluer leur offre auprès de leurs clients. Il décrit par ailleurs des services qu’ils pensent mettre en œuvre auprès de leurs assurés en recourant à ces nouveaux outils… Les objets connectés dans l’assurance sont donc déjà devenus une réalité !

Les défis des assureurs à l’ère du Big Data

Tous les signes convergent pour nous permettre d’affirmer que nous sommes à l’aube de ce que l’économiste Jeremy Rifkin intitule, dans son dernier ouvrage, « la troisième révolution industrielle ». L’entrée dans cette nouvelle ère de l’économie et de la société est strictement liée à l’essor considérable d’internet, ainsi qu’à la capacité qu’ont désormais les institutions et les entreprises de traiter en temps réel d’immenses volumes de données, les fameux « Big Data ».

Les assureurs, comme tous les autres acteurs opérant dans le secteur tertiaire (secteur risquant d’être, à brève échéance, le plus fortement impacté par la révolution du « Big Data »), se penchent aujourd’hui sérieusement sur la question de savoir comment leur métier va être impacté et va évoluer du fait de cette entrée rapide et accélérée dans l’ère du digital et du « Big Data ».

Quels sont les défis qui attendent les assureurs à l’ère du Big Data ? C’est à cette question que répond cet article de Laurent Thévenin, publié le 1er octobre 2014, dans le Journal « Les Echos ».

Le point de vue d’Henri de Castries sur la situation économique de la France

L’actualité politique de la rentrée scolaire 2014 est pour le moins mouvementée : crise et scission au sein de la majorité, remaniement ministériel, contexte économique préoccupant… La période que traverse la France en ce moment est incontestablement une période de choix.

Or, c’est incontestablement un choix qu’a fait François Hollande en demandant à Manuel Valls de procéder à un remaniement gouvernemental. En effet le Président de la République a souhaité, à travers cet acte politique, faire passer un message : la France doit s’engager dans la voie « social-démocrate ». Et s’engager sur la voie de la « social-démocratie » signifie, pour l’Etat français, remettre l’entreprise au centre des préoccupations nationales, en développant ce que l’on a appelé ces derniers mois une « politique de l’offre ».

Quel regard les chefs d’entreprise portent-ils sur ce remaniement ? Et surtout quels messages souhaitent-ils faire passer à l’exécutif français pour optimiser les chances de redresser la situation économique de notre pays ?

Henri de Castries, Président Directeur Général d’AXA, dans un entretien accordé au Monde, livre son point de vue sur la situation de crise que traverse actuellement l’exécutif français. Selon lui, les mesures que doit sans attendre prendre le nouveau gouvernement doivent aller dans deux sens : augmenter la compétitivité des entreprises et réduire la dépense publique.

C’est cet entretien d’Henri de Castries, portant sur les deux thèmes que sont « la vie économique » et « l’emploi » en France, entretien paru dans Le Monde « Eco & Entreprise » du 27 août 2014, que nous vous proposons de découvrir ici.

Vers un nouveau capitalisme dans l’entreprise

Cette interview de Claude Bébéar, qui a été l’invité d’honneur de l’Ecole Supérieure d’Assurances (ESA) lors de la cérémonie 2012 de remise des diplômes est parue en septembre 2011 dans « Enjeux – Les Echos ». L’interview de Claude Bébéar, qui se présente comme un plaidoyer prônant un acheminement vers un nouveau capitalisme dans l’entreprise, était intégrée dans un dossier intitulé « Le bon capitalisme », et dans un long article dont le titre posait, non sans ironie, la question suivante : « Le capitalisme peut-il se racheter ? ».

Dans cette interview, prônant l’acheminement vers un nouveau capitalisme dans l’entreprise, Claude Bébéar analyse la manière dont le mauvais usage de la liberté économique qu’octroie le capitalisme aux détenteurs de capitaux s’est traduit concrètement dans le monde de l’entreprise, et propose des solutions qui pourraient permettre, à travers l’instauration de procédures de régulation, de permettre aux personnes, morales et physiques, actuellement au contrôle des commandes de l’économie capitaliste, de faire un usage « raisonnable » de leur liberté économique.

Impact de la crise sur les entreprises

Les Etats-Unis, depuis 2006, l’Europe, et, plus généralement, le monde occidental, depuis 2008, ont été touchés par une crise sans précédent qui a fini par devenir mondiale : cette crise, qui a frappé de plein fouet les économies du monde occidental, a rapidement rendu nécessaire l’adoption de mesures d’austérité dans nombre de pays, afin de permettre aux Etats de lutter contre la hausse des déficits qui apparaissaient dans leurs bilans depuis plusieurs décennies déjà. Cet article dresse un bilan de l’impact de la crise sur les entreprises, différenciées par secteurs, et sur les ménages.

La crise a fortement sévi en France, situation aggravée par le fait que la France ne bénéficie pas d’un bon positionnement dans le classement mondial des pays les plus compétitifs. Mais quel a été le réel impact de la crise sur les entreprises et les ménages en France ? Et surtout, tous les secteurs ont-ils été également frappés, ou bien certains s’en sont-ils mieux sortis que d’autres ? C’est à ces questions que répond François Saint-Cast dans cette étude synthétique et dense. Cette étude portant sur l’impact de la crise sur les entreprises et les ménages de François Saint-Cast, fondateur de Diagnostic & System, et professeur à l’Ecole Supérieure d’Assurances (ESA), est parue dans un article publié sur le site du journal Les Echos le 29 janvier 2012.

Analyse de l’évolution des relations entre les salariés et leur entreprise

Se livrant à une analyse de l’évolution des relations entre les salariés et leur entreprise, deux experts, Martin Hirsh (Président de l’Agence du Service Civique) et Christophe de Margerie (PDG de Total), donnent dans cet article leur point de vue, à la fois sur la réalité des rapports qu’entretiennent les salariés avec les entreprises et sur les réponses que devront apporter les entreprises pour faire face aux enjeux de demain, et sortir de cette situation de crise caractérisant à l’heure actuelle les relations entre les salariés et leur entreprise.